Creux de tension et stockage d'énergie : protéger sa production industrielle
Un arrêt de production ne demande pas une panne. Sur beaucoup de lignes automatisées, une baisse de tension de quelques dixièmes de seconde suffit à faire décrocher des variateurs, des automates ou des contacteurs. La lumière n'a même pas vacillé, et la ligne est arrêtée.
Ce qu'est un creux de tension
Un creux de tension est une baisse brève de la tension d'alimentation, généralement entre quelques cycles et quelques secondes. Il est causé par un événement sur le réseau ou chez un voisin industriel : un défaut sur une ligne, un démarrage de gros moteur, un orage.
Ce n'est pas une panne, et c'est ce qui le rend difficile à diagnostiquer. Le compteur ne l'enregistre pas comme une interruption, l'alimentation revient d'elle-même, et le seul symptôme visible est une ligne arrêtée sans cause apparente.
Pourquoi ça devient plus fréquent
Le réseau québécois est plus sollicité qu'il ne l'a jamais été, et il le sera davantage. Les réservoirs sont bas, la demande croît plus vite que la capacité de production, et Hydro-Québec prévoit un déficit d'électricité dès 2029.
Un réseau plus tendu signifie davantage d'événements de qualité d'onde. Ce n'est pas un risque hypothétique pour une usine : c'est une tendance qui va dans une seule direction.
Ce que ça coûte, concrètement
Le coût d'un creux de tension n'est pas celui de l'électricité perdue, qui est négligeable. C'est celui du redémarrage.
Selon le procédé, cela peut comprendre la purge et la remise en route de la ligne, la perte de la matière en cours de transformation, la requalification d'un lot, le temps de main-d'œuvre immobilisé, et dans certains cas le rattrapage en heures supplémentaires.
Pour un procédé continu, un seul événement peut représenter plusieurs heures de production. C'est pourquoi la bonne façon de chiffrer le problème est de compter les arrêts, pas les kilowattheures.
Ce que le stockage change
Une batterie placée correctement dans l'installation peut soutenir la tension pendant l'événement, le temps que le réseau se rétablisse. Les équipements sensibles ne décrochent pas, et la ligne continue.
C'est une fonction différente de celle du solaire. Le solaire réduit l'énergie que vous achetez. Le stockage, lui, agit sur deux autres axes : la continuité pendant un événement, et la pointe de puissance.
L'écrêtage de pointe, l'autre bénéfice
Sur un tarif industriel, une part significative de la facture dépend de la pointe de puissance atteinte dans le mois, et non seulement de l'énergie consommée.
Une batterie peut absorber les appels de puissance les plus courts, ceux qui fixent la pointe facturée, et les lisser. Le bénéfice est mensuel et récurrent, indépendamment de la production solaire.
C'est souvent cet axe, plus que la protection contre les creux, qui justifie économiquement le stockage. Et Hydro-Québec pousse dans le même sens : son plan vise une réduction de 3 500 MW de la pointe d'ici 2035, en comptant sur ses clients.
Comment on établit s'il y a un problème
On ne devine pas, on mesure. Nous réalisons une analyse des creux de tension sur votre installation, avec un rapport émis par un ingénieur membre de l'OIQ.
L'analyse établit la fréquence et la sévérité des événements, les équipements qui y sont sensibles, et le dimensionnement qui permettrait de les absorber. C'est ce rapport qui permet de décider si le stockage se justifie, et à quelle taille.
Sans cette mesure, un projet de stockage est un pari. Avec elle, c'est un calcul.
Solaire et stockage ensemble
Les deux se conçoivent bien ensemble, mais ils répondent à des problèmes distincts, et il faut les justifier séparément.
Le solaire réduit la facture d'énergie. Le stockage protège la production et réduit la pointe. Une entreprise peut avoir besoin de l'un sans l'autre, et le dimensionnement optimal de chacun dépend du profil réel du bâtiment.
Le détail de notre démarche se trouve sur la page solaire industriel.
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